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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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LE DEUIL DES PRIMEVÈRES

ainsi quun chèvrefeuille et ployée, et ta taillesuccombant sur mon bras, et ta joue à ma tempe.

Dans ces Champs bienheureux tout nous sera rendu,jusquau moindre grillon, jusquà la moindre mûre.Par les ruisseaux touffus couleront les murmuresquont aujourdhui nos cœurs dêtre longtemps perdus.Les fruits seront gonflés, les palmes seront noires,et Dante, soulevant sa robe, passera.

Le soir, nue et couchée aux fraîches anémones,la grâce de tes bras me donnera laumône.

Une rosée glacée, qui pourtant sera douce,caressera tes reins plus souples que la mousse,et tes seins ronds et durs et ensemble dressésferont quen les voyant sétonnera Pomone.

Mais il n'est point encore de ces Champs-Elysées.

La vie reprend. Le château vide est toujours,et dans les Atlas clairs dorment les Angolas.

On ne sait pas. On ne sait pas. On ne sait pas.

Ton fouet aux néfliers ne saccrochera pas.