LE DEUIL DES PRIMEVERES
7°
Mais quand on approcha des heureuses Antillesta voix sourde se tut et tu éclatas de rireen voyant, anxieuses, attendant sur le môle,ainsi que des mouettes, les cousines créoles.
Oh! Que je le revois, ce jour d’une autre vie.
Mon Dieu, y étais-je, dites, je vous en prie ?
Oui, je revois l’aïeul des cousines suivi,montant la grand’rue de Saint-Pierre-de-Martinique.Vent, tu avais soufflé dans les corolles vivesdes tabacs, et soulevais les douces mousselinesqui étaient les calices légers des cousines.
C’est pour ça, vent qui souffles, que tu es mon ami.Je sais ce que tu sais. Je t’aime comme un frère.
Je souhaite ton bonheur d’errer dans les ormeaux.
Je sais que tes milliers de cœurs sont les oiseaux.
Je sais que je comprends le sens de tes paroles.
Je sais que les baisers des cousines créolessont passés avec toi aux roses du jardin,parmi la rosée rose et bleue de ce matin.
Avril 1899.