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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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ÉLÉGIES

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Existe-t-elle? Y a-t-il de tendres dessinsoù une paysanne tire de l’eau du puitsà côté d’une vache suivie de la génisse ?

Le dessin y est répété tant de fois! De l’église,l’Angelus du matin coulerait en tremblantcomme de l’eau de ciel, d’azur et ruisselante.

O petite Marie, le jour où je mourrai,

— on meurt presque toujours aux fins des élégies —cueille de la fougère à la noire forêt.

Voici comme je veux que soit le bouquet fraisque tu déposeras sur ma tombe poétique :

Tu mettras, tout autour, de la mousse translucide,et de ces lys violets qu’on appelle colchiques.

Tu mettras, en souvenir de Gide, des narcisses,car c’est lui qui paya l’édition d ’Un jour.

Tu y mettras aussi, avec leurs longues tiges,des nénufars en pierre blanche, au coeur doré,car ils rappelleront, non pas un jour d’amour,mais un jour de tristesse infinie et charmanteoù, sur un lac pareil aux lacs de Lamartine,j’en couvris une dame au sourire lassé.