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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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ÉLÉGIES

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Le jour est revenu où, au petit village,un soir pluvieux d’été, je voyais, triste et seul,passer la procession faite pour écarterles inondations qui dormaient sur les prés.

Oui, je reviens, amie, à l’enfance si douce.

Mon âme est pure ainsi que l’âme la plus pure,ainsi que la lueur qui argente tes joues,ainsi que la lumière au tremblement d’azurqui, dans la blanche allée, allume vers onze heuresla rose noire épaisse et les iris qui pleurent.

Mon sommeil est plus pur que les nuits romantiques.Tendresse, je veux fiancer ton cœur aux nuits légères,au Printemps de six jours où la nuit s’interpelle,où le jour ne peut pas finir et où l’appelperdu du rossignol emplit d’une joie tristeles lilas qui voudraient et ne peuvent mourir.

Mais, avant de me retrouver, ma fantaisie

est que tu ailles, doucement, de chambre en chambre,

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