jt Introduction à l'Hijfoire
un Supérieur avoir été déclaré traître à l'Eftaf, 1la Communauté Reguliere ne luy apartenant pasmieux que l’Evêché à l'Evêque Le Peuple mur-muroit auffi beaucoup de ce qu’on luy avoitcité le moien de foulager les familles chargéesd’enfans qui avaient la commodité d’en fairedes Moines à peu de frais ; que la plupart desAbbayes eftoient des aufpices où l’on recevoitavec beaucoup d’hofpitalité les voiageurs & lesétrangers : les pauvres d’un autre cofté eftoientdefolez dece qu'ils perdoient dans cette fuppref.’v'fimi les grandes aumônes que leur faifoient laplupart de cesConvens ; les dévots confideroieoraulfi cette fupprelTion comme une impiété é-norme ; la Nobleffe fur tout pareille» t la plusmécontenté , parce que la plùpart de leurs An-eeftrcs ayant fondé ou enrichi ces Convens ScAbbayes , ils ne pouvaient fouffrir qu'avec pei-ne , que ce bien ne lui fût pas rendu, puifqu’i]n’eftoit plus deftiné aux ufages portez par lesfondations : outre que quantité de Nobles fefaifoient Moines en ce temps-là , Sc ils étoientpatticulierement confidcrez dans les Maifonsque leurs Predecelîeurs avoicnc établies.
Enfin le mécontentement fut fi univerfel quele Vrce-Regent fut forcé de trouver un moienpour appaifer tout le monde ; & pour cet effeton vendit à vil prix aux Gentilshommes dechaque Province les biens des Religieux qui yeftoient feituez , à condition qu'ils exerce*roient dans leurs Chafteaux la mcfme hefpita.litéqui effort gardée dans les Convens ; & ccSexpédient produifit deux effets , le premier futque la Nobleffe parut contente de cette aliena-tion qui rendit leurs interefls communs aresceux du Roy , & ainfj elle fe trouva obligée