i8 Histoire
les Dunes d’Oftende. Cette marche, par une nuitobfcure & pluvieufe, dans un pays inondé & coupépar un grand nombre de folles où les Grenadiersavoient de l’eau jufqua la poitrine, eft le derniereffort du zele 8c du courage. L’exemple des Offi-ciers qui fe jettoient dans ces foffiés animoit lesGrenadiers 8c les excitoit à les fuivre. Quand M. dePuiguyon eut appris par le fignal convenu que cesdeux rroupes étoient arrivées derrière Leffinguedu côté d’Oftende, il fe mit en marche à la têtedes Dragons pour attaquer ce Village par le front,en même-temps qu’on l’attaquoit du côté oppofé.Ceux qui attaquèrent du côté d’Oftende trouvèrentune garde de cinquante hommes qu’ils égorgèrent.Ceux qui donnèrent du côté de la chauffée s’avan-cèrent en criant, tue 3 tue. Les Anglois, dont laplupart étoient encore ivres, furent fi épouvantés,que ceux qui avoient les armes à la main les mirent"bas , & fe rendirent à difcrétion. Nous y fîmesdouze cens prifonniers, fans compter les Officiers-,c’eft-à-dire, tout ce qu’il y avoit d’ennemis. Ontrouva dans ce pofte quinze cens mille livres enargent, douze cens barils de poudre 8c d’autresmunitions de guerre en proportion. M. de Puiguyonne perdit que huit Grenadiers. On lui donna pourrécompenfe d’une fi belle & fi utile action l’expec-tative d’une Place de Commandeur dans l’Ordre