de l Ordre de S. Louis 2.57
L’impétuofité de caradere du Chevalier de Fot-bin lui fit quelquefois des ennemis. Ses talents 8cfa faveur auprès du Roi lui fufciterent des jaloux,même parmi des gens qui ne marchoient pasdans la meme carrière que lui. 11 fçavoit mieuxbraver les périls , que fe défendre des pièges qu’onlui tendoit à la Cour : auffi finit-il par tomberdans ceux-ci, & il fe retira, par humeur , dufervice , dans un temps où la France avoit plusbefoin que jamais de fes talents.
Quoique fes belles adions de mer foient allezconnues de tout le monde , je ne puis m’empê-cher d’en rapporter quelques - unes propres à fairevoir qu’il avoir , non - feulement du courage ,mais encore la tête d’un Général , & qu’ilétoit capable de jouer le premier rôle dans unearmée.
Je ne parle pas de fes courfes avec Jean Barcdans la Manche, dans le Nord, fur les côtes d’E-colïè, dans lefquelles il fut toujours hardi, entre-prenant , brave & heureux. Lui feul caufa de plusgrandes pertes au commerce des ennemis de laFrance, que ces nombreufes Flottes qui couvroientla mer Océane.
La guerre de la Succeffion fe déclare, 8c le Che-valier de Forbin effc chargé d’aller croifer dans leGolfe de Venife, pour empêcher la communication
Tome III. R