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M. de Charitte ne fie d’abord tirer aucun coup;mais lorfque les deux frégates furent à la demi-portée du piftolet l’une de l’autre, il commanda unfeu fi terrible de canon 8c de moufqueterie, que lecorfaire n’ofa jamais tenter l’abordage pendant plusde demi-heure que le combat dura feul à feulj maisla corvette étant venue à fon fecours, il fit tous fesefforts à trois différentes reprifes pour aborder} 8ctrois fois M. de Charitte le repouffa avec une vi-gueur qui l’étonna, & le força de fe retirer obéif-fant au vent. Cependant la corvette de fix canonsqui s’étoit mife à la pourfuite d’un bâtiment de laflottille, vint, fe joignit, après l’avoir pris, à lagrande corvette, 8c tous trois enfemble chargèrentvigoureufement notre frégate. M. de Charitte-fou-tint fi bien ce nouveau choc* que le combat ne futpas d’aufïi longue durée que l’autre. Les ennemis feretirèrent, défefpérant de pouvoir vaincre un hommed’un tel courage.
M. de Pontchartrain inftruit des particularitésde ce combat, écrivit à M. de Charitte, que leRoi avoir été parfaitement fatisfait de la valeur &de la bonne conduite qu’il avoit fait paroître danscette rencontre, & que S. M, lui donnerait desmarques de fon eftime. Cette marque d’eftime,comme je l’ai dit, fut la Croix de Saint-Louis.( Mém* du temps ).