b e i’Ordue de S. Louis, azj
M. Renau étoit également homme de tête Sede main. Il ne fe contenta pas d’écrire fur la conf-truction Sc la manœuvre des vaiffeaux. Il prouvapar des exemples la folidité de fes principes théori-ques. Ayant Fait conftruire un vailfeau qui tenoitun tiers plus qu’un autre de pareille grandeur ,il alla dans la Manche mettre en pratique faThéorie des manoeuvres. Le fuccès qu’il y eut con-tre le Barklai-Caftle , fut la meilleure réponfequ’il put faire à MM. Bernouilli Sc Huygens. M.Renau vouloit enlever le vailfeau d’emblée. Il ar-bora pavillon Anglois, fit coucher tout le mondefur le ventre , s’approcha jufqu’à la portée du pis-tolet ; mais il fut reconnu avant d’avoir pu jetterles grapins. Le combat s’engage. Après un grandmalfacre on en vient à l’abordage : le vailfeau An-glois èft pris j il portoit plus de cinq cents millelivres fterlings. Le Capitaine du Barcklai-Caftle re-mit fept paquets de diamants brutes à M. Renauqui les préfenta au Roi. Ce Prince en les lui ren-dant , lui dit : ils font ajfurément bien à vous •vous les ave% mérités. Le pillage qui fe fit entre lesdeux ponts, fut eftimé cent mille écus.
M. Renau après avoir aimé & pratiqué la vertutoute fa vie , mourut dans l’exercice de la plus édi-fiante piété le 30 Septembre 1719.