de l’Ordre de S. Louis. 157fans compter ce que les Soldats détournèrent à leurprofit.
Trois jours après fon départ, M. de Pointis eueavis qu’une Efcadre de vingt-fept vaifleaux Angloisétoit en mer pour le chercher & le combattre. Ilcrut les éviter en prenant la route du canal de Ba-hama, & il alla fe jetter parmi eux : ils avoientdéjà pris une flûte chargée d’un million. Trois vaif-feaux ennemis avoient engagé le combat, 8 c fai-foienc les fignàux pour faire avancer les autres. M. dePointis ne perdit point courage dans cette cruellecirconftance ; & quoiqu’il eût perdu plus de la moi-tié de fon équipage, foit dans les divers combarsqu’il avoit livrés , foit par maladie , il réfolut devendre chèrement fa vie 8 c fes tréfors, & de fefaire couler à fond plutôt que de fe rendre. Cepen-dant il forçoit toujours de voiles , 8 c ayant très-ha-bilement fait vent arriéré à la faveur de la nuit 8 cdu brouillard , il échappa aux ennemis , & le 11 ilne les vit plus paroîrre. Quatre de fes vaifleaux s’é-toient féparés : il ne jugea pas prudent de les allerchercher. Il continua fa route , 8 c arriva à Breft le19 Août, environ 7 mois après en être forti. Les dan-gers qu’il avoit courus , le plaifir de jouir de la gloire& de la récompenfe de fes fuccès, tout le pteflbitce femble , de mettre fon bonheur à l’abri des éve-nemens de la mer. Cependant l’envie de fe figna-