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3 (1780)
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81
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de lOrdre de S. Louis. 8 fpas grand mal, tandis que nos bombes caufoientdes ravages affreux dans la Ville. Elles tuoient pour- Aaneetant peu de monde, parce quà lentrée de la nuit lesAlgériens quittoient leurs maifons pour ny rentrerquà la pointe du jour. Un Efclave Hollandois , quisétoit échappé, donna cet avis à M. Duquefne,qui en profita pour faire jetter des bombes 8cle jour & la nuit. Les Algériens nayant plus unmoment de repos , la défolacion fut à fon comble.

Ils renouvellerent la même atrocité quils avoientexercée lannée précédente contre les Efclaves Chré-tiens. M. de Choifeul fut au moment déprouverleur fureur. On lattachoit déjà à la bouche duncanon, lorfque la généralité dun Algérien le fauva.

M. de Choifeul avoit autrefois traité cet Algérienavec humanité. Ce Barbare le reconnut ; & larecon-noiffance fe fit entendre à fon cœur. Il folîicita fagrâce; nayant pu lobtenir, il fe jetta fur M. deChoifeul, & lembraffant étroitement, il cria : Tirejuif que je ne puis pas fauyer mon bienfaiteur , jauraidu moins laconfolation de mourir avec lui. La natureréclama fes droits dans le cœur du Roi, témoin dece fpe&acle. 11 fit grâce à M. de Choifeul. Belle leçonpour les gens de guerre, qui leur apprend à ufermodérément de la viétoire , &à fe rappeller quaprèsle combat il ny a plus dennemis.

Le bombardement dAlger continua jufquau 14 e .

Tome I1L F