de l’Ordre de S. Louis. $>içois fur la mer étoit encore éloigné. Cette nom-breufe Flotte fut mife en partie dans le port deDam *, l’autre partie demeura en rade. Ferrand ,Comte de Flandre , ligué avec Jean, Roi d’Angle-terre, profita de la négligence de ceux qui dévoientveiller à la sûreté de ces vaifieaux , les attaqua ,en prit trois cens , en fit échouer une centaine &diffîpa le refte. Il bloqua le port de Dam avec laFlotte Ângloife. Pour que .les navires qu’il conte-noit, ne tombafient pas entre les mains du Comte
le Roi Jean-Sans-Terre dans fes propres Etats , il étoitmaître de la plus grande partie de la Guienne, de tout lePoitou , de toute la Normandie & de toute la Bretagne*Les côtes de ces Provinces étoient divifées par diftricts d’unport à un autre; & chaque diftrict étoit obligé de fournirun certain nombre de vaiifeaux que l’on armoit dans lesports, ou par cottifation , ou aux frais du Roi. Les His-toriens qui nous inftruifenr de la maniéré dont nos anciensRois alfembloient des Flottes , nomment jufqu’aux Pilotesqui les conduifoient. Brito, dans fa Philippiade, dit queSavari, fameux Pirate , commandoit ceux de Poitou 8cde Normandie. Le P. Fournier cite un manufciit de la Maifonde Montmorenci, par lequel il eft dit que le Seigneur dece nom étoit* maître de faire armer tous les Nef en Flan-dre , & les Galées en Normandie, &c. On voit par unmémorial de la Chambre des Comptes de Paris, le nombredes vaiifeaux pris dans chaque diftriét. Bailliages de Co-tentin 8c de Caen, vingt-huit nefs ; Dieppe , vingt-huit