de l’Ordre de S. Louis. 37Quand M. de Bournonville eut joint le Ducde Lorraine, M. de Turenne revint en-deçà duRhin. Mais ayant reçu du renfort, il repalîe au-delà , force les Impériaux à fe retirer par-delà leNekre & le Mein, & défait leur arriere-gardeà Ladembourg. Mais bientôt il apprend que l’E-lecteur de Brandebourg a repris les armes ; queStrasbourg ouvre fes portes ; que le Duc de Lor-raine s’avance vers Ensheim, 8c n’attend que Barri*vée de l’Eleéteur de Brandebourg pour entrer enLorraine. L’armée de M. de Turenne étoit moinsforte de moitié que celle des Impériaux. Cepen-dant par une infpiration fubite de fon génie , ilfe détermine à les attaquer , jugeant qu’il feroitobligé de leur abandonner l’Alface, s’il attendoitque l’Eleéteur de Brandegourg les eût joints. Le
ce qu’on lui avoir commandé? & le Général elt-il toujoursle maître de l’arrêter dans fa fureur ? Celle de nos Soldatsavoit été bien excitée par la cruauté inouie que les habi-tans du Palatinat avoient exercée contr’eux. Je ne fçais com-ment exprimer l’atrocité des habitans de ce pays-là : jecrains de faire rougir la pudeur. Ils ne fe contentèrent pasd’alfommer nos Soldats : ils féparerent en eux l’hommede l’humanité ; & mettant ces trilles relies à leur bouche,ils attachèrent ces malheureux tout vivans à des arbresfur les grands chemins , pour les donner en’ cet état enfpçétacle aux palfans.