R H U M A T I SME. 20?
Les onguens âcres & gras produifentauffi de très-mauvais effets, & font éga-lement dangereux. L’on a vu des ca-ries, après l’ufage d’un- remede connufous le nom de baume de- foufre térében-thiné. En 1750 je fus confulté, troisjours avant fa mort, pour une femmequi fouffroit depuis lorrgtems des dou-leurs aiguës; on lui avoit fait différaisremedes , & entr’autres elle avoit prisbeaucoup d’une tifane, dans laquelle en-troit l’antimoine avec quelques purgatifs,& on l’avoit frottée avec un baumegras & fpiritueux. La fievre, les dou-leurs, le deflèchement avoient augmen-té ; les os des cuiJfes & des bras étoientcariés, & dans les mouvemens nécef-faircs pour la fecourir, elle s’étoit enfle-,•fans fortir de fon lit, les deux coiffes& un bras. Un exemple auffi effrayantdoit faire fentir le danger des remedes•adminiftrés inconfidérément , mêmedans les maux qui paroiffent les moinsgraves par eux-mêmes. Je dois encoreavertir qu’il y a des douleurs de rhu-matifme, qui ne veulent aucune appli-cation,. & que prefque tous les remedesirritent; l’on doit alors fe contenter degarantir la partie des impreffions de l’air,par une flanelle, ôu quelques peaux d’a-nimaux avec le poil.