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Tome premier (1780)
Entstehung
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173
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Rage. 173

quelquefois de la foupe ; plufieu'rs même,les boiflons quon leur offre comme reme-de, moyennant que ce ne foit pas de leau,ou quen même temps on ne leur parle pasdeau. Lurine sépailfit & senflamme, quel-quefois elle fe fupprime. La voix devientrauque , ou ils la perdent prefque entière-ment ; mais ce quon dit de leurs aboie-ments, fêmblables à ceux des chiens, fontdes contes ridicules, fuperftitieux & dénuésde tout fondement, auffi-Bien que plufieursautres fables dont on a chargé lhiftoire decette maladie. Laboiement des chiens leurfait peine. Ils ont des moments de délire,mêlés quelquefois de fureur; ceft dans cesmoments quils crachent autour deux silsont beaucoup de falive dans la bouche, quilscherchent même à mordre ,* & quils ontmordu quelquefois. Jai vu le délire com-mencer le troifieme jour par intervalles ,devenir continu fur la fin du quatrième,durer ainfi jufquau commencement du fixie-me, qui fut lépoque de la mort; la fureurne fut jamais que momentanée & toujoursoccafionnée par quelquoppofition , maisfans aucun crachement & fans aucune enviede mordre. Le regard eft fixe & un peu fu-rieux, le vifage fouvent rouge. Ordinaire-ment ces infortunés fentent venir laccès ,& conjurent les afïiftants dêtrefur leurs gar-des. Plufieurs, comme je viens de le dire,nont jamais cette envie de mordre. Lesangoiffes & les douleurs quils reflententfont inexprimables; ils défirent ardemment