Rhumes. m
me, tant qu’il n’eft que rhume, mais quandon le néglige, il jette dans des maladies depoitrine qui tuent. Les rhumes emportent plusde gens que la pefle , répondit un très-habileMédecin, qui avoit beaucoup vu, à un defes amis qui lui difoit, je me porte bien,je n’ai qu’un rhume.
Un fécond préjugé, c’eft que les rhumesn’exigent point de remcdes, & que plus onen fait, plus ils durent. Le dernier articlepeut être vrai, vu la mauvaife façon donton les traite; mais le principe eft faux. Lesrhumes ont leurs remedes tout comme lesautres maux , & fe guériffent avec plus oumoins de facilité, fuivant qu’ils font mieuxou moins bien conduits.
§. 124. Une troifieme erreur, c’eft_quenon-feulement on ne les regarde pas com-me dangereux, mais on les croit même fa-lutaires. Il vaut mieux fans doute avoir unrhume qu’une maladie plus fâcheufe; mais ilvaudroit beaucoup mieux n’en avoir aucune.Tout ce qu’on peut raifonnablement dire,c’eft que quand une tranfpiration arrêtée de-vient caufe de maladie, il eft heureux qu’elleproduife un rhume plutôt que quelque ma-ladie très-grave, comme il arrive fouvent ;mais il feroit à préférer, que ni la caufe ,ni l’effet, n’euffent exifté. Un rhume prouvetoujours un dérangement dans les fondionsde notre corps, une caufe de maladie; ileft une maladie réelle, qui, quand elle eftviolente, porte une atteinte fenfible à toutela machine. L*6 rhumes affoibliffent conli-
Torne I. F