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Tome premier (1780)
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121
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Rhumes. m

me, tant quil neft que rhume, mais quandon le néglige, il jette dans des maladies depoitrine qui tuent. Les rhumes emportent plusde gens que la pefle , répondit un très-habileMédecin, qui avoit beaucoup vu, à un defes amis qui lui difoit, je me porte bien,je nai quun rhume.

Un fécond préjugé, ceft que les rhumesnexigent point de remcdes, & que plus onen fait, plus ils durent. Le dernier articlepeut être vrai, vu la mauvaife façon donton les traite; mais le principe eft faux. Lesrhumes ont leurs remedes tout comme lesautres maux , & fe guériffent avec plus oumoins de facilité, fuivant quils font mieuxou moins bien conduits.

§. 124. Une troifieme erreur, ceft_quenon-feulement on ne les regarde pas com-me dangereux, mais on les croit même fa-lutaires. Il vaut mieux fans doute avoir unrhume quune maladie plus fâcheufe; mais ilvaudroit beaucoup mieux nen avoir aucune.Tout ce quon peut raifonnablement dire,ceft que quand une tranfpiration arrêtée de-vient caufe de maladie, il eft heureux quelleproduife un rhume plutôt que quelque ma-ladie très-grave, comme il arrive fouvent ;mais il feroit à préférer, que ni la caufe ,ni leffet, neuffent exifté. Un rhume prouvetoujours un dérangement dans les fondionsde notre corps, une caufe de maladie; ileft une maladie réelle, qui, quand elle eftviolente, porte une atteinte fenfible à toutela machine. L*6 rhumes affoibliffent conli-

Torne I. F