Introduction. $ment de leur abfence, parce qu’ils font ab-fents dans le temps de la plus grande ap-titude à la population ; parce que, quandils reviennent, ils ont perdu cette aptitudepar l’âge , les infirmités , les débauches ;parce que fouvent, s’ils fe marient, leursenfants, vidimes des dérèglements pater-nels, font foiblcs, languiflants, maladifs,meurent jeunes, ou vivent incapables d’êtreutiles a la fociété ; parce enfin que le goûtde libertinage qu’ils ont contradé en em-pêche plufieurs de fe marier. Mais quoiqueces inconvénients foient réels & très-con-nus, cependant comme le nombre de ceuxqui peuvent fortir de cette façon eft borné ,qu’il eft même peu confidérable, relative-ment au nombre des habitants que le paysdevroit avoir, que cette expatriation a peut-être été néceflaire dans un temps, & pour-roit le redevenir fi les autres caufes de dé-peuplement finiffoient, elle n’eft peut-êtrepas la plus fâcheufe.
L’expatriation commerçante, que je croisplus nombreufe, a fes inconvénients par-ticuliers qui ne font pas moindres; & mal-heureufement c’eft une épidémie dont lesravages vont en croifi'ant par une raifonfimplc ; c’eft que le fuccès d’un feul en dé-termine cent à aller courir les mêmes ha-fards, & que peut-être quatre-vingt-dix-huit échoueront. L’on eft frappé du bien ,l’on ignore le mal. Je fuppofe qu’il foit parti,il y a dix ans, cent perfonnes pour allerce qu’on appelle chercher fortune ; au bout
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