§. VI. Du Feu confidéré comme agent chimique ,
& des differens moyens de rappliquer aux
corps.
Les diverfes altérations que le feu fait éprou-ver aux corps , font employées par les chimis-tes pour parvenir, foit à décompofer, foit àcombiner les differens produits naturels. Lapremière attention qu’ils doivent avoir , c’eftde mefurer exaâement les degrés de chaleurnéceflaires pour opérer les changemens dontles matières qu’ils traitent font fufceptibles. Ilsen reconnoiflent en général deux clafles ; la pre-mière comprend les degrés de chaleur au-def-fous de l’eau bouillante, & la fécondé renfermeceux qui font au-deffus. L’échelle du thermo-mètre fert à diflinguer les uns; quant aux au-tres , on ne les détermine que d’après la fuli-bilité connue de différentes fubftances.
Degrés de chaleur, inférieurs à Veau bouillante*
Le premier degré s’étend de cinq à dix au-deffus de o , du thermomètre de Réaumur :cette chaleur favorife la putréfaétion , la vé-gétation , l’évaporation lente, &c. On ne s’enfert point communément dans les opérationsde chimie, parce qu’elle n’eft pas affez confi-dcrable ; elle a lieu cependant dans quelques