*74 Petite Vérole.ger ; auffi faut-il être très-réfervé fur l’ufagedes remedes chauds, qui font meurtriers danscette maladie.
Le vin, la thériaque , la confection , l’airchaud , les couvertures pelantes, fauchent an-nuellement des milliers d’enfants , qui auraientété guéris, fi on ne leur avoit donné que del’eau tiede ; & toutes les perfonnes qui s’in-téreflent à la confervation de ceux qui fontatteints de cette maladie, doivent foigneu-fement empêcher qu’ils ne fallent aucun ufagede ces drogues, qui, lors même qu’elles nerendent pas la maladie mortelle , la rendentcruelle , & accompagnée des fuites les plusfuneftes.
Le préjugé eft enraciné, il fe détruira dif-ficilement ; mais je ne fouhaite que de faireouvrir les yeux fur le fuccès de la méthodechaude, & fur celui de celle que je vais pro-pofer; le jugement alors ne reliera pas long-temps fufpendu. Je dois même dire que j’aitrouvé parmi le peuple de la Ville, plus dedocilité, à cet égard, fur-tout dans la derniereépidémie, que je ne l’aurois ofé efpérer. Non-feulement ceux qui me confultoient dès le com-mencement , obfervoient avec allez d’exac-titude le régime rafraîchiffant que je leur con-feillois, mais leurs voifins même l’employoientquand leurs enfants étoient attaqués ; & ayantété fouvent appellé après plufieurs jours demaladie, j’ai vu avec plaifir, dans plufieursmaifons , qu’on n’avoit donné aucun remedechaud, & qu’on avoit eu grand foin de rafraî-chir l’air. J’ai lieu d’efpérer que cette méthode