des Maladies. 23
Quelquefois ils tombent tout d’un coup dansl’épuifement & dans un état de langueur, dontils fe guériffent rarement, plus fouvent ils fontattaqués de quelque maladie inflammatoire,comme efquinancie, pleuréfie, inflammationde poitrine.
Il y a deux moyens de prévenir ces maux ;l’un, c’eft d’éviter la caul'e qui les produit,mais fouvent il eft impoffible : l’autre, c’eft,lorfqu’on eft obligé à ces excès, de les tem-pérer par un grand ufage de quelque boii-fon rafraîchiffante , & fur-tout par du petit-lait, ou du lait de beurre, (de la battue)ou par de l’eau, dans chaque pot de laquelleon met un verre de vinaigre : cette boiflon,falutaire &c agréable, rafraîchit & foutient lesforces. Je traiterai plus bas des maladies in-flammatoires. L’épuifement, quoiqu’il ait desfymptômes fort différents de ces maladies, s’enrapproche par la caufe, qui eft un defféche-ment général. J’en ai vu guérir par l’ufage dupetit-lait, enlùite des bains tiedes , & enfindu lait de vache. Dans ce cas, les remedeschauds &c les nourritures fucculentes tuent.
§ 2. Il y a une autre efpece d’épuifement,qu’on peut appeller épuifement vrai,'qui eftproduit par la grande pauvreté , le manquede nourriture fumante, les mauvais aliments,la mauvaile boiflon, l’excès du travail ; c’eftdans ce cas où il convient de donner de bon-nes foupes & un peu de vin. Mais ce caseft très-rare dans ce pays; je le crois fréquentdans quelques autres , & fur-tout dans plu-sieurs provinces de France.