48S V O Y A C E
elles formoient de petits chapeaux pour mettre leurN ‘îl 17 ^ 9 vifa S e a l’ orn bre ; cette opération leur coûtoit fi peude travail & de tems, que lorfque le foleil baiffoit furle foir , elles les jettoient là : ces chapeaux cependantne leur couvrent pas la tête, ils ne confident qu’en unebande qui en fait le tour , & une corne avancée quiombrage le front.
Ils font avec l’écorce du Poërou des cordes & deslignes, dont les plus grofi’es ont un pouce d’épaiffeur,& les plus minces font de la groffeur d’une petite ficelle ;ils forment avec ces dernieres des filets pour la pêche.Ils compofent avec les fils de coco un cordage pourjoindre enfemble les différentes parties de leurs piro-gues , & d’autres courroyes tordues ou treffées ; & ilsfabriquent avec l’écorce de YErowa, efpèce d’ortie quicroît dans les montagnes & qui pour cela efi: un peurare, les meilleures lignes pour la pêche qu’il foit pof-fible de trouver. Ils attrapent avec ces lignes les poif-fons les plus forts & les plus frétillants, tels que lesbonites & les Albicorcs qui romproient dans un ins-tant nos lignes de foie les plus fortes , quoiqu’elles foientdeux fois aufli épailfes que celles des Otahitiens.
Ils font auffi une efpèce de feine, d’une herbe quia les feuilles larges de groffières , & dont la tige ref-femble au glayeul. Ils entortillent de joignent enfem-ble ces herbes, jufqu’à ce que le filet, qui eft à-peu-près auffi large qu’un grand fac , aie Go à 80 braflèsde long.,Iis la tirent dans les bas-fonds, & le proprepoids de la feine la tient fi bien au fond de la merqu’un feul poiffon peut difficilement échapper.
Les