>>
t
!
44 6 Voyage
—- iUUMa ^ un bois continu; quoique la cime des montagnes foit
A j N il 7<?9 ' en S énéral ^rile & brûlée par le foleil , la terre ydonne cependant des productions en plufieurs endroits.
Quelques-unes des vallées 6c la terre bafl'e quieft fituée entre le pied des montages 6c la mer , fontles feules parties de l’Ifle qui foient habitées , 6c l’onpeut dire qu’elles font très-peuplées. Les maifons n’yforment pas des villages ; elles font rangées le longde toute la bordure à environ cinquante verges dediflance les unes des autres, 6c environnées de petitesplantations de plane , arbre qui fournit aux Otahi-tiens la matière première de leurs étoffes. Toute l’Ifle,fuivant le rapport de Tupia, qui sûrement la connoif-foit très - bien , pouvoit fournir fix milles fept centsquatre-vingt combattans, d’où il eft facile de calculerquelle étoit la population générale.
Produirions. L’I s L e d ’Otahiti produit des fruits à pain , des noix
de cocos, de bananes de treize fortes & les meilleuresque nous ayons jamais mangées, des planes ; un fruitaffez reffemblant à la pomme, 6c qui eft très-agréablelorfqu’il eft mûr , des patates douces , des ignames ,du cacao , une efpèce d 'arum , un fruit connu dansl’Ifle fous le nom de Jambu 6c que les Infulairesregardent comme le plus délicieux , des cannes defucre que les habitans mangent crues , une racine del’efpèce du falep qu’ils appellent Pea y une plantenommée Etée , 6c dont ils ne mangent que la racine ,un fruit appellé par les Naturels du pays ylhée , quicroît en goufle comme la fève 6c qui lorfqu’il eft rôtia une faveur très-refTemblante à celle de la châtaigne,