du Capitaine Cook. 41 $
qui nous étoit venu rejoindre la veille bien avant dansla nuit.
Lorsque nous fûmes en travers de l’extrémitéS. E. de l’Ifle, nous allâmes à terre par le confeil denotre guide Indien , qui nous dit que le pays étoitriche & fertile. Le chef, nommé Mathiabo , vint bien-tôt près de nous, mais il parut ignorer totalement lamanière dont nous commercions. Cependant fes fujetsnous apportèrent quantité de noix de cocos, & environvingt fruits-a-pain. Nous achetâmes le fruit-à-paintrès-cher , mais le chef nous vendit un cochon pourune bouteille de verre, qu’il préféra à toutes les autresmarchandifes que nous pouvions lui donner. Il poffé-doit une oie & une dinde que le Dauphin avoit iaif-fées dans Pillé ; ces deux animaux étoient extraordi-nairement gras & fi. bien apprivoifés qu’ils fuivoientpar-tout les Indiens qui les aimoient pafïionnément.
Nous vîmes dans une grande café de ce voifinageun fpeètacle tout-à-fait nouveau pour nous. Il y avoità l’un des bouts une planche en demi-cercle, à laquellependoient quinze mâchoires d’hommes ; elles nous fem-blèrent fraîches & avoient toutes leurs dents. Uncoup-d’œil fi extraordinaire excita fortement notre curiofité ;nous fîmes plufieurs recherches ; mais alors nous nepûmes rien apprendre , le peuple ne vouloit pas oune pouvoit pas nous entendre.
Quand nous quittâmes cet endroit, le chef Ma-thiabo demanda permiflion de nous accompagner , &nous y confentimes volontiers : il pafî'a le refte de la
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Ann. 1769.Juin.