que , fuivant l’opinion générale , il vaut mieux pafTer7 J 9 ' le détroit de Magellan ; cependant, après avoir quittéle détroit de le Maire , nous ne fûmes pas obligés unefeule fois de rifer entièrement nos huniers. Le Dau-phin , dans fon dernier voyage, qu’il fit à la même faifonde l’année que nous , fut trois mois à paffer le détroitde Magellan , fans y comprendre le tems qu’il reftaau port Famine. D’après les vents que nous eûmes, jefuis perfuadé que fi nous avions pris notre route àtravers ce paffage , un féjour fi long au milieu de cesmers auroit fatigué l’équipage & fort endommagénos ancres , nos cables , nos voiles & nos agrès , incon-véniens que nous n’eûmes pas à fouffrir. Mais en fup-pofant qu’il vaille mieux doubler le cap que de paflèr ledétroit de Magellan , on pourra toujours demander s’ilefl plus à propos de faire route par le détroit de leMaire, ou de tirer à l’Efl: & de tourner la Terre desEtats. Le Lord Anfon , dans fon voyage, avertit queyy tous les bâtimens qui font voile dans la mer du Sud ,yy au-lieu de traverfer le détroit de le Maire , devroientyy toujours gagner à l’Eft de la Terre des Etats , &cyy courir continuellement au Sud , jufqu’au 6 1 ou 6i'yy de latitude , avant de mettre le cap a 1 Oueft et. Mais,fuivant moi , la traverfée du détroit peut être préfé-rable dans quelques circonftances , tandis que dansd’autres il vaudra mieux fe tenir à l’Eft de la Terre desEtats. Si on rencontre la terre à l’Oueft du détroit &que le vent foit favorable pour le traverfer , je croisqu'il ne feroit pas raifonnable de perdre fon tems àtourner la Terre des Etats. Je fuis convaincu d’ailleursqu’en fe conformant aux avis que j’ai donnés, on peut
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