du Capitaine Cook. 149
à Rio Janeiro eft plus remplie d’oftentation que dansaucun pays Catholique de l’Europe. L’une des Paroif-fes fait chaque jour une proceffion, où l’on étale dif-férentes bannières très-magnifiques & très-précieufes ;à tous le coins de rues il y a des mendians qui récitentdes prières en grande cérémonie.
On rebatiffoit une des Eglifes pendant que nous yféjournâmes, & pour fournir aux frais , la Paroiffie ,dont elle dépendoit , avoit la permiffion de faire laquête par toute la Ville , dans une proceffion , unefois par femaine ; elle recueilloit par - là des fommestrès-confidérables. Tous les enfans d’un certain âge ,ceux mêmes des gens riches, étoient obligés d’affifterà cette cérémonie qui fe faifoit pendant la nuit. Cha-cun d’eux , vêtu d’une cafaque noire pendant jufqu’àla ceinture, portoit à fa main un bâton de fix ou feptpieds, au bout duquel étoit attachée une lanterne. Lalumière que procuroient plus de deux cent de ceslanternes, étoit fi grande, que les gens de notre équi-page , qui la voyoient depuis le vaifieau , crurent quela Ville étoit en feu.
Les habitans de Rio-Janeiro peuvent faire leursdévotions à tous les Saints du Calendrier, fans atten-dre qu’il y ait une proceffion : devant prefque toutesles maifons, il y a une petite niche garnie d’un vitrageoù l’on va implorer les fecours de ces puiffances tuté-laires ; & dans la crainte qu’on ne les oublie , en neles voyant plus , une lampe brûle continuellementpendant la nuit devant ces Tabernacles. On ne peutpas accufêr les habitans de tiédeur dans leurs dévo-Tome II. Ii
Ann. 1768.Décemb.