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Ann. 1768.Mai.
Voyage
prêt d’être attrapé , envoya fur le champ à bord dulloop. Ce floop Anglois s’appelloit le Sauvage , le Ca-pitaine Hammond qui le commandoit , vint me voirà bord , & me dit que , lorfqu’il avoit commencé àdonner la chaffe à ce bâtiment, il étoit accompagnéd’un bateau Irlandois ; qu’en s’appercevant qu’ils-étoientattaqués par un vaiffeau de guerre , ils avoient prisdifférentes routes; que PIrlandois avoit gagné le vent,& que l’autre bâtiment avoit pris la fuite ; qu’il avoitd’abord pourfuivi le bateau Irlandois , mais qu’envoyant qu’il ne pouvoit l’atteindre , il s’étoit mis àchaffer l’autre vaiffeau qui probablement lui auroitéchappé, fi je ne Pavois pas arrêté. Ce bâtiment étoitchargé de thé , d’eau-de-vie & d’autres marchandifesqui venoient de Rofcoff en France. On l’avoit trouvégouvernant au S. O., & il prétendoit cependant qu’ilfaifoit vode pour Bergen en Norwege. Ce vaiffeau,qu’on nommoit Jenny , étoit commandé par RobertChriftian, & appartenoit à la ville de Liverpool. Soneau-de-vie étoit renfermée dans des petits barils, &fon thé dans des facs : comme toutes les apparenceslui étoient très-défavorables, je le retins afin de Pen-voyer en Angleterre.
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A cinq heures & demie, du 13 , nous vîmes lesifles de Scilly. Le 19, je débarquai à Hajlings dans leComté de Suffex , & le lendemain matin à quatreheures, le vaiffeau mit à l’ancre aux Dunes dans unendroit sûr , après un voyage de 637 jours depuisnotre départ de la Rade de Plimouth. J’ajouterai à la