194 Voyage
nous eûmes un coup dé vent violent qui mit en pièces^Janvier^* § ranc ^ hunier & l a v °de d’étai du grand mât dehune. La mer brifoit fur le vaiffeau d’une maniéréterrible ; elle rompit la penture du gouvernail au ftri-bord, & emporta plufieurs des boute-hors. Nous vî-mes plufieurs oifeaux & des mouches pendant la tem-pête, & dès qu’elle fut calmée, nous employâmes nospremiers foins à fécher les lits des malades ; & tousnos gens , qui pouvoient manier l’aiguille , s’occupè-rent à raccommoder les voiles qui étoient très-délabrées.
Le z6 & le 27, le tems fe calma. Nous étions au34 d \G' de latitude Sud, & nous fîmes plufieurs obfer-vations , par lefquelles nous reconnûmes que le vaif-feau étoit au 320 d 30' de longitude; il parut que nousétions de quelques degrés plus à l’Eft, que ne le por-toit notre eftime.
A fix heures du matin, du 30 Janvier, nous vîmes4 Février, terre , & le 4 Février , nous mîmes à l’ancre dans labaie de la Table , au Cap de Bonne-Efpérance.
Notre traverfée-de l’ille du Prince au Cap fut ,fuivant notre eftime, de 89 e1 de longitude, ce qui don-neroit 34^ d Oueft pour la longitude du Cap ; mais lalongitude du Cap de Bonne-Efpérance , déterminée parobfervation , n’eft que de 342 d 4': ce qui nous fitvoir que le vaiffeau étoit de 3 d a l’Eft de notreeftime.
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