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Voyage
Ann. 1767.Noyemb,
foir, comme nous dérivions beaucoup, nous remîmesune fécondé fois à l’ancre par 15 braffes , fond defable fin.
Le vendredi, 20, à fix heures, le courant s’étant ral-lenti, nous virâmes à pic fur la petite ancre d'affourchedont le cable fe rompit au tiers de fa longueur. Nousprîmes le cable fur le champ, & nous nous apperçûmesqu’il avoit été coupé par les rochers , quoiqu’en fon-dant avec beaucoup de foin avant de mettre à l’ancre ,nous euffions trouvé un bon fond ; quelque tems aprèsle courant devint fort & il s’éleva une forte brife ; levaiffeau étant retombé beaucoup fous le vent , je fisvoile, dans l’efpérance de retrouver l’ancre que nousavions perdue. Je m’apperçus bientôt que cela étoitimpoflible fans jetter l’ancre une fécondé fois. Maiscomme le fond étoit mauvais, je craignis les fuites de cemouillage, & je réfolus de mettre à la cape, d’autantplus que le tems étoit devenu raffaleux.
Nous ne pûmes cependant faire que très-peu dechemin jufqu’au jour fuivant, 21 , lorfque fur les troisheures après-midi , nous découvrîmes la montagneMonopin gifant au S. -f- E. En avançant un peu, nousapperçûmes la côte de Sumatra , a fix heures & demie,le lendemain 22. Nous continuâmes à fouffrir beau-coup de retardement par les courants & les calmes ,mais le lundi, 30 , nous jettâmes l’ancre dans la radede Batavia.