13 S Voyage
1767.
c.
réflexion. Elle en admira la ftruélure, je m’efforçai delui en faire comprendre l’ufage , & le fixant fur plu-fieurs objets éloignés qu’elle connoifloit bien , maisqu’elle ne pouvoit diftinguer à la Ample vue , je leslui fis regarder par le télefcope : dès qu’elle les vit, elletrefî’aillit ôc recula d’étonnement , & dirigeant fesyeux vers l’endroit fur lequel I’inftrument portoit, elledemeura quelque tems immobile & fans parler. Elleretourna au télefcope, ôc le quittant de nouveau , ellechercha encore inutilement h voir avec les yeux Am-ples les objets que le télefcope lui avoit montrés. Enles voyant ainfi paroître ôc difparoître alternative-ment, fa contenance ôc fes geftes exprimoient un mé-lange d’étonnement & de plaifir que j’entreprendroisvainement de décrire. Je As emporter le télefcope , ôcje. l’invitai elle & plufieurs Chefs qui étoient avec elleà venir avec moi à bord du vaiffeau. J’avois en celapour objet la fureté entière du détachement que j’avoisenvoyé dans le pays , car je penfois que tant qu’on ver-roit la Reine ôc les principaux Habitans entre mesmains, on fe garderoit bien de faire aucune violence ànos gens à terre. Quand nous fûmes à bord, je com-mandai un bon dîné ; mais la Reine ne voulut ni boireni manger. Sa fuite mangea de fort bon appétit toutce qu’on leur fervit, mais on ne put leur faire boire quede l’eau pure.
Le foir nos gens revinrent de leur expédition &parurent au rivage, fur quoi je renvoyai la Reine ôcfa fuite , en partant elle me demanda par Agnes A jeperAftois toujours dans ma réfolution de laiffer l’Ifle