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Voyage
—Nous fîmes voile par un vent frais ; & , vers uneAnn. 1767. h eure } nous eûmes connoiffance d’une J fie à l’O. ~S. de celle de la Reine Charlotte , qui nous reffoit alorsà quinze milles de diflance E. N. A trois heures &demie, nous nous trouvâmes à environ trois quarts demille de la pointe occidentale de la nouvelle Ifle; nousrangeâmes la côte de près , mais nous ne trouvâmespoint de fond. L’extrémité de l’Eft eft jointe à cellede l’Oueft par une chaîne de rochers , fur lefquels lamer fe brife & forme un lagon dans le milieu de l’Ifle;ce qui préfentoit l’apparence de deux Ifles, & paroif-foit avoir environ fix milles de long fur quatre delarge. C’eft une terre baffe , couverte d’arbres ; maisnous n’y vîmes ni cocotiers, ni cabanes ; nous apper-çumes cependant, à la pointe occidentale de cette ifle,tous les canots & les Indiens qui, à notre approche,avoient abandonné fille de la Reine Charlotte , avecd’autres Indiens qui s’étoient joints aux premiers. Nouscomptâmes huit doubles canots , & environ quatre-vingt hommes, femmes ou enfans. Les canots avoientété retirés fur la grève ; les femmes ôt les enfans étoientplacés tout autour, les hommes s’avançoient avec leurspiques & leurs torches, faifant un grand bruit & dan-fant d’une manière fort étrange. Nous remarquâmesque cette Ifle étoit fablonneufe, & que fous les arbresil n'y avoit point de verdure. Comme la côte étoittoute de rochers, qu’il ne s’y trouvoit point de mouil-lage , & que nous n’avions point d’efpérance de nousy procurer aucun rafraîchiffement ; je m’éloignai , àIfle d’Eg- h eures du foir, de cette Ifle, que je nommai fillemont. à'Egmont , en l’honneur du Comte d’Egmont, qui étoit