autour du Monde. 8i
& de défir. Bientôt quelques-uns d’entr’eux s’avancé-rent quelques pas dans la mer ; nos gens leur fai Tantligne qu’ils déliroient des noix de cocos & de l’eau ,plulieurs de ces Infulaires en allerènt chercher unepetite quantité , & fe hazarderent à l’apporter juf-qu’aux bateaux : l’eau étoit dans les coques des cocos,& le fruit étoit dépouillé de fon écorce extérieure ,qu’on employoit vraifemblablement à différens ufa-ges. On leur donna , en échange de ces provifions,les bagatelles qu’on leur avoit montrées, & quelquesclous , auxquels ils parurent attacher encore plus deprix qu’au refte. Pendant cette petite négociation decommerce , un des Infulaires trouva moyen de vo-ler un mouchoir de foie , dans lequel notre petitemarchandife étoit enveloppée, & l’enleva ainfi que cequi étoit dedans , avec tant d’adrelTe que perfonne nes’en apperçut. Nos gens eurent beau faire ligne en-fuite qu’on leur avoit volé un mouchoir ; les Infulai-res ou ne purent pas, ou ne voulurent pas les compren-dre. Le bateau continua de fonder autour de la grève,jufqu’a la nuit, pour trouver un mouillage; M. Fur-neaux tâcha auffi plulieurs lois d’engager les naturelsà lui apporter des plantes anti - feorbutiques ; maisn’ayant pu fe faire entendre, il revint à bord.
Je louvoyai toute la nuit, & dès que le jour parut,j’envoyai de nouveau les bateaux avec ordre de def-cendre a terre , mais fans faire aucun mal aux habi-tans , à moins qu’on n’y fût forcé par la nécelîité.Lorfque les bateaux approchèrent de la côte , l’Of-ficier qui les commandoic fut bien étonné de voirTome II. L