autour du Monde. 4;
qu’elles fuflfent garnies de morceaux de toiles a voiles& d’autres chofes.
La première chofe que je fis, après les opérationsnéceffaires qu’exigeoit le vaifTeau > fut d’envoyer unechaloupe au Swallow pour favoir comment il s’étoittrouvé pendant la tempête. J’appris qu’il avoit très-peufouffert du vent, mais qu’il avoit manqué de périr parla rapidité de la marée , en palTant à travers les iflesdeux jours auparavant ; que malgré la réparation quiavoit été faite à fon gouvernail, il gouvernoit & ma-nœuvrait fi mal, que toutes les fois qu’il quittoit unerade, il y avoit à craindre que le bâtiment ne pût pasmouiller ailleurs en fûreté. Le Capitaine me fit prieren conféquence de confidérer que fon navire ne pou-voir plus être utile à l’expédition , & de lui prefcrirece qu’il jugeroit le plus convenable pour le fervice pu-blic. Je répondis que les Lords de l’Amirauté ayantnommé le Swallow pour accompagner le Dauphin , ildevoir continuer de l’accompagner tant qu’il pourroicle faire ; que fon état le rendant mauvais voilier, jeprendrois fon tems & fuivrois fes mouvemens , ôc ques’il arrivoit à l’un de nous quelque accident, l’autrelui donneroit Paffiftance qui feroit en fon pouvoir.
Nous reftâmes-là huit jours, pendant lefquels nouscomplétâmes notre provifion de bois & d’eau , nousléchâmes nos voiles , & nous envoyâmes une partiede nos gens à terre , pour y laver leur linge & dégourdirleurs jambes , ce qui étoit d’autant plus néceflaire quele froid, la neige & la tempête les avoient retenus troplong-rems dans le bas du vailîèau.
Ann. 1767.Féviier.