42, Voyage
vers la rivière de Batchelor ; nous mîmes alors le navire7 6 7* f ur fes étais, & tandis qu’il tournoit , ce qui fut allezr ” long , nous tombâmes fur une batture où nous n’avionsguère que i G pieds d’eau avec un fond de roches ; deforte que nous étions dans un très-grand danger , carle navire tiroit i G pieds 9 pouces d’eau à la poupe &iy pieds 1 pouce à l’avant. Le vailfeau ayant fait unpeu de chemin , defcendit à 3 bralfes ; à deux enca-blures plus loin , nous en eûmes y , & en très-peu detems nous trouvâmes une mer profonde. Nous con-tinuâmes de manœuvrer au vent jufqu’à quatre heuresaprès midi, & trouvant alors que nous n’avions plusde fond, nous retournâmes â notre ffation, & mouil-lâmes de nouveau à la rade à'York.
Nous y reliâmes jufqu’au 17 à cinq heures dumatin, où nous levâmes l’ancre 6 c touâmes le vailfeauhors de la rade. A neuf heures , quoique nous euffionsun vent frais d’Oueft, le vailfeau fut emporté par uncourant avec beaucoup de violence vers la côte du Sud ;toutes les chaloupes remorquoient h l’avant -, 6 c lesvoiles étoient fans mouvement : cependant nous appro-châmes li près de terre , que les rames des chaloupess’embarrafsèrent dans les herbes. Nous fûmes ainlientraînés pendant près de trois-quarts d’heure , & nousnous attendions à chaque inflant à être brifés contrele rocher , dont nous étions rarement à une plus grandedillance que la longueur du vailfeau , & dont fouvencnous n’étions pas à la moitié de cette dillance. Nousjettâmes la fonde des deux côtés , & nous trouvâmesque du côté de terre il y avoit de 14 à ao bralfes,