autour du Monde. 2.9
renvoyâmes à terre pour les faire réparer ; nous dref-fâmes des tentes fur les rives de la Sedger , & nousrenvoyâmes toutes les futailles vuides avec les Tonne-liers pour les racommoder, & avec un contre-Maître& des Matelots pour les nétoyer & les remplir. Nousjettâmes la feine , & prîmes une grande quantité depoifTons ; quelques-uns reffembloient à des mulets,mais la chair en étoit très-molle ; il s’y trouvoit auflîdes éperlans , dont quelques-uns avoient vingt poucesde long & pefoient vingt-quatre onces.
Tant que nous reliâmes en cet endroit , nous yprîmes aiïez de poiffon pour en faire un repas chaquejour , tant aux malades qu’à ceux qui fe portoient bien.Nous y trouvâmes aufti une grande abondance de céleri& de tiges de pois qu’on faifoit bouillir avec des pois& les tablettes de bouillon ; nous cueillîmes outrecela une efpèce de fruit qui y étoit très-abondante &qui reffembîe à la canneberge , ainfi que des feuillesd’un arbufte afi'ez femblable à l’épine , lefquelles étoientextrêmement acides. Quand nous arrivâmes dans cettebaie , tous nos gens commençoient à être fort pâles& fort maigres ; plufîeurs étoient violemment attaquésdu fcorbut ; & d’autres étoient vifiblement menacésd’en être bientôt malades ; dans quinze jours il n’yeut pas un feul fcorbutique fur nos trois bâtimens. Ils feguérirent en refpirant l’air de terre , en mangeant beau-coup de végétaux , en lavant eux-mêmes leur linge &en fe baignant tous les jours dans la mer pour fe tenirpropres.
Le lendemain nous établîmes la forge à terre , &
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Ann. 1766.Décemb*