4nn. 1770.Mars.
188 Voyage
fi ce n’efl: pour la défenfe de leurs forts. Leurs com-bats dans les pirogues ou à terre fe font ordinairementde corps à corps ; le.maflacre doit par conféquent êtrefort grand , puifque fi le premier coup de quelques-unes de leurs armes porte , ils n'ont pas befoin d’endonner un fécond pour tuer leur ennemi. Ils parodientmettre leur principale confiance dans le patou-patou ,qui elt attaché à leur poignet avec une forte courroie ,de peur qu’on ne le leur arrache par force ; les prin-cipaux perfonnages du pays le pendent ordinairementà leur ceinture , comme un ornement militaire , & ilfait partie de leur habillement, comme le poignardchez les Afiatiques & l’épée chez les Européens. Ilsn’ont point d’armure défenfive, mais outre leurs ar-mes, les chefs portent un bâton de diftinâion, commenos Officiers portent un fponcon. C’étoit communé-ment une côte de baleine, auffi blanche que la nei-ge , & décorée de Sculpture, de poil de chien & deplumes ; c’étoit d’autres-fois un bâton d’environ fixpieds de long orné de la même manière , & incruftede coquillages reflèmblans à la nacre de perle. Ceuxqui portent ces marques de diftinêfion font ordinaire-ment vieux , nu au moins ils ont pafié le moyen âge;fis ont auffi fur le corps plus de taches à'Amoco queles autres.
Toutfs les pirogues qui vinrent nous attaquer avoientchacune à bord un ou plufieurs Indiens ainfi diftin-gués , fuivant la grandeur du bâtiment. Lorfqu’elless’étoient approchées à environ une encablure du vaif-fçau, elles avoient coutume de s’arrêter, & les chefs
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