Ann. 1769.Novemb.
iz6 Voyage
défenfe ; un jeune Indien monta fur une des plate-formes de bataille , qu'ils appellent Porava , ôcun autre defccndit dans le folle les deux combattansentonnèrent leur chanfon de guerre, & dansèrent avecles mêmes geftes eftrayans que nous leur avions vuemployer dans des circonftances plus féricufes, afinde monter leur imagination à ce degré de furei.r arti-ficielle qui , chez toutes les Nations fauvages , eft leprélude néceflaire du combat. En effet , la forced’efprit qui peut furmonter la crainte du danger ,fans le fecours de cette efpèce d’ivrefiè , femble êtreune qualité particulière à des hommes occupés deprojets d’une importance plus réelle & animés d’unfentiment plus vif de l'honneur & de la honte , quene peuvent l’être des hommes qui n’ayant guèresd’autres plaifirs ou d’autres peines que ceux de lafimple vie animale, penfent uniquement à pourvoiraleur fubfiftance journalière , à faire du pillage ou àvenger une infulte ; il eft vrai cependant qu’ils s’atta-quent avec intrépidité les uns les autres, quoiqu’ilsaient befoin de fe paflionner avant de commencer lecombat, ainfi qu’on voit parmi nous des hommes quis’enivrent afin de pouvoir exécuter un projet forméde fang froid, & qu’ils n’auroient pas ofé accomplirtant qu’ils feroient reliés dans cet état.
Nous apperçûmes fur le côté de la colline , prèsde ce Fort Indien , l’efpace d’environ un demi-acrede terrein , planté de citrouilles & de patates douces,& qui étoit le feul endroit cultivé de la baie ; il y adeux rochers au pied de la pointe, fur laquelle eft