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3 (1774)
Entstehung
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nous ne comptâmes pas moins de quarante-cinq piro-17< b ? S ues 5 { î u ^ savancèrent de la côte vers le vaiffeau ; feptdentrelles sapprochèrent de nous , &. après quelqueconverfation avec Tupia , elles nous vendirent quel-ques écreviffes de mer, des moules & deux congres.Ces Indiens firent les échanges dune manière très-honnête; & quand ils furent partis, dautres arrivèrentfur des pirogues dun autre endroit, qui trafiquèrentauffi fans nous donner lieu de nous plaindre ; maisquelque-tems après ils prirent ce quon leur préfentoicfans rien offrir en échange. Lorfque nous fîmes desmenaces a lun deux , qui venoit de nous jouer cetour, il fe mit à rire en fe moquant de nous ; il nousfit des lignes de défi & séloigna du vailfeau , pourreprendre le chemin de la côte : nous tirâmes alors uncoup de fufil par-delfus fa tête , ce qui le ramena avecun air plus férieux , & le commerce continua à fefaire avec beaucoup dordre. Lorfquenfin on eutacheté afiez de provifions pour les Officiers , je per-mis aux autres gens de léquipage de venir fur le paf-favant, & dy trafiquer pour eux-mêmes ; malheureu-fement on nemploya pas les mêmes précautions quau-paravant, pour prévenir les fraudes, de forte que lesIndiens voyant quils pouvoient nous tromper avecimpunité , devinrent infolens de nouveau , & prirentde beaucoup plus grandes libertés. Les Indiens dunedes pirogues, qui avoit vendu tout ce quelle avoit àbord, appercevant au côté du vaiffeau , en sen retour-nant , de la toile quon y avoit fufpendue pour lafécher , lun deux la détacha fans cérémonie & enfit un paquet quil emporta : nous le rappellâmes fur le