Voyage
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ron une lieue de la côte en la longeant. Après queAnn. 1769. nous eûmes tourné le Cap , nous vîmes un grand^ ' uie ' nombre de villages & beaucoup de terres cultivées ;le pays en général fembloit être plus fertile que celuique nous avions vu jufqu’alors ; il étoit bas près dela mer , mais montueux dans l’intérieur. A lix heu-res du foir , étant à quatre lieues à l'Oueft du CapEfi, nous dépaftâmes une baie qui fut découvertepour la première fois par le Lieutenant Hicks, & quej’appellai pour cela Baie, de Hicks. A huit heures nousétions à huit lieues à l’Oueft, & à trois à quatre mil-les de la côte. Je diminuai de voiles alors & je mis àla cape pour la nuit, ayant un vent frais du S. S. E.avec des raffales. Mais il fe calma bientôt, & le 31 , àdeux heures du matin, nous remîmes à la voile le Capau S. O., fuivant la direélion de la terre ; & a huitheures nous découvrîmes une terre qui reflembloit àune Ifte, & qui nous reftoit à l’Oueft en même-temsque la partie la plus S. O. de la grande terre nousreftoit au S. O. Sur les neuf heures nous vîmes ap-procher vers nous cinq pirogues montées par plus dequarante hommes, tous armés avec des piques & desx haches de bataille de leur pays , & qui pouffoient descris en nous faifant des menaces d’attaque. Ce fpecta-cle nous caufa beaucoup de chagrin, & certainementnous ne nous y attendions pas; car nous efpérions quela réputation de nos forces & de notre clémence feferoit étendue plus loin. Quand une de ces pirogueseut prefque atteint le vaifleau , une autre , d’une grof-leur extraordinaire, la plus grande que nous euffionsjamais vue , & remplie d’une foule d’indiens armes