2.8 Voyage
s’éleva de l’Eft, & après avoir étanché notre voie d’eau& embarqué les provifions fraîches que nous avionsachetées, nous fîmes voile pour fortir du havre. Tu piame preflfa fortement a notre départ de tirer un coupde canon vers Bolabola : il vouloit, fuivant toute appa-rence , donner à fes ennemis cette marque de fon ref-fentiment,& leur montrer la force de fes nouveauxalliés. Je crus devoir le contenter, quoique nous fuf-fions à fept lieues de diftance de rifle.
Pendant notre féjour , aux environs de ces Iffes ,nous confommâmes très-peu de provifions du vaif-leau ; nous eûmes en abondance des cochons , des vo-lailles , des fruits du plane & des ignames : nous efpé-^ rions que ces rafraîchiffemens nous ferviroient beau-coup dans le cours de notre navigation vers le Sud ;mais les cochons ne voulurent manger nï fon , nigraines ni légumes d’Europe , de manière que nousne pûmes pas les conferver vivans. Les volaillesfurent bientôt attaquées d’une maladie à la tête, qu’el-les tenoient entre leurs jambes jufqu’k ce qu’ellesexpiraffent. Il ne faut pas beaucoup compter fur lesanimaux qu’on embarque dans ces parages , à moinsqu’on ne découvre quelque nourriture du goût descochons , & des remèdes contre la maladie des vo-lailles.
Comme les Charpentiers nous avoient forcé de ref-ter fi long-tems à Ulietca , pour arrêter la voie d’eau,nous abandonnâmes le projet de débarquer k Bolabo-la , d’autant plus que cette Ille paroifloit être d’un ac-cès difficile.