du Capitaine Cooic. 25
beaucoup plus agréable ; car il envoya trois jolies fil-les demander quelque chofe en retour du préfent qu’ilnous avoic fait; peut-être ne fe foucioit-il pas des’expofer à venir a bord de notre bâtiment, ou bien ilcrut que fes ambaffadrices obtiendroient en retour defes cochons & de fes volailles, une plus grande quantitéde marchandées qu’il n’auroit fait lui-même. Quoiqu’il en foit, nous ne regrettâmes point fa préfence,6c les jeunes filles n’eurent point à fe plaindre de leurvifite. Comme le grand Roi ne vouloit pas nous ve-nir voir, nous refolûmes , dans l’après-midi, de leprévenir : nous nous attendions à trouver dans le Sou-verain des Infulaires de Bolabola , qui étoient les con-quérans èHUlictca 6c la terreur de toutes les autres Ifles,un Chef jeune 6c vigoureux, d’une figure fpirituelle &d’un courage entreprenant. Nous ne trouvâmes qu’unvieillard foible & décrépit , que les ans avoientprefque rendu aveugle , 6c fi indolent 6c fi ftupidequ’il paroilfoit avoir à peine affez d’intelligence pourentrevoir que fes cochons 6e fes femmes nous avoientfait pîaifir. Il nous reçut affis & fans aucune des céré-monies 6c des formalités qu’avoient employées les autresChefs à notre égard. Nous lui fîmes nos préfens, qu’ilaccepta, 6c il nous donna en retour un cochon. Nousavions appris qu 'Otaha étoit le lieu principal de faréfidence ; nous lui dîmes que nous projettions d’yaller le lendemain dans nos bateaux , 6c que nous fe-rions charmés de l’avoir avec nous ; il confentit à êtrede la partie.
Ann. 1769.Août.
Dès le grand matin, du 7 , je-partis donc avec laTome III. D