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6 (1740) Lettres M - O
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509
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MUS. MUT.

gée l'année fuivante, pour trente années, le Czar reliant enpolfeflion de fes conquêtes. Ces Traitez furent confirmez parde magnifiques Ambaflades réciproques. Le Sieur I erriol,Ambafladeur du Roi Très Chrétien, s’étant préfenté l’an 1700,pour avoir fa première Audience du Grand-Seigneur, on vou-lut lui faire quitter fon épée pour cette cérémonie : ce qu’ilrefufa avec beaucoup de hauteur, quoiqu il fut prefque enpréfence du Sultan, & qu’on le menaçât meme de quelqueviolence. 11 fit donc remporter fes préfens, & fortit du Ser-rai!, aimant mieux n’avoir point d’Audience, que d avilir foncaractère, en quittant fes armes. Les Ambafladeurs des au-tres Couronnes eurent moins de fennete, iur-tout celui del'Empereur. Multapha quitta après cela Conllantinople, pourjouir plus à fon aife des plaifirs de la vie dans Andrinople ;mais pendant qu’il y étoit plongé, quelques milices fe foulevé-rent dans Conllantinople, manque de payement, & y mafla-crérent le Thréforier. Les JanilTaires & les Spahis fe joigni-rent à eux, fe plaignant de la trop grande autorité de la Sulta-ne Validé, & du Mufti, qui retenoient le Sultan hors de faCapitale, pour le mieux gouverner. Le nombre des révoltezs’accrut fi fort, qu’ils fe trouvèrent plus de cent cinquante mil-le hommes: ils forcèrent leSerrail, & enlevèrent l’Etendartde la Loi ; enfuite ils marchèrent à Andrinople. Le Grand-Vifir voulut leur oppofer vint-mille hommes de troupes ; maisceux ci rejoignirent aux autres: ainfi il prit la fuite avec Mau-ro Cordato ; le Mufti & fon fils furent arrêtés, & le malheu-reux Multapha fut dépofé, au commencement de Septembre1703. Son frère Achmet fut mis à fa place; celui-ci partit d’An-drinople , faifant marcher fon frère devant lui dans un caroiTefermé,& en cet état ils arrivèrent à Conllantinople. Le Mufti& fon fils furent exécutez, après avoir foutenu la queltion,pour déclarer où étoient leurs thréfors ; & cette révolte futregardée comme une des plus grandes que l’on eût vue depuisl’établilTement de l’Empire. * Mémoires Hi/loricptes.

MUSTASAR, en Latin MuftaJ'aria Waffa, bourg de Suè-de dans la Cajanie, en Finlande, fur le Golfe de Bothnie, en-viron à vint cinq lieues de la ville de Biornebourg, vers lenord. * Maty, Dicl. Géogr.

MUSUL. Voyez MOSUL.

MUSULIPATAN. Voyez MASULIPATAN.

MUSULMANS, c’elt à dire, Véritables Croyons ,nom queMahomet donna à ceux qui embraffoient fa Religion. LesTurcs font encore leur titre d’honneur de ce nom, pour fediilinguer de tous ceux qui ne fuivent pas leur Loi.

MUSUMELLI, MUSUMENI, MISILMERIO,petite ville avec un ancien château, dans la vallée de Maza-Ta, en Sicile, au feptentrion de Girgenti, fur la montagenede Melli, partie de celles de Madonia. * Maty, DiSionnaireGéogr.

MUSURUS (Marc) favant Archevêque de Malvafia ,dans le XVI fiécle, étoit natif de Pille de Candie. La répu-tation qu’il s’acquit par fa Critique fur les Auteurs Grecs, &la beauté de fon génie, excitèrent la République de Venife àlui donner une Chaire de Profefleur à Padoue, qu’il remplitavec une très grande aifiduité, & un fuccès merveilleux. LesEpigrammes Gréques qu’il publia, le firent paifer pour trèsbon Poète; mais de toutes fes Poëfies Gréques, il n’y en apoint qui lui ayent fait plus d’honneur que l’Eloge de Platon,qui fe trouve au commencement des Oeuvres de ce Philofo-phe; & qui, fi l’on en croit Voflius, fit élever fon Auteur àla dignité Archiépifcopale. Mufurus avoit quitté Padoue pouraller a Rome, dans l’efpérance de s’avancer. 11 s’y fit bien-tôt eflimer du Pape Léon X, qui, pour honorer fon favoir,le nomma Archevêque de Malvafia dans la Morée; mais peude tems après, il mourut d’hydropifie Pan 1517, âgé de 36ans. * Erafme, inEpïfl. I. 23. Pauljove, in Elog. Voflius deFait. Grac. Bayle, Dift. Critique.

MUT.

M UTA, la Déefle Muette ou du Silence, appellée auffiT acita. On la croit fille du fleuve Almon. On la nomma La-tout à caufe de fon grand babil, du mot Grec qui ligni-fie parler. Ce nom lui fut donné pour avoir découvert à Ju-non les amours de Jupiter & de Juturna. Ce Dieu en étantirrité , coupa la langue à cette babillarde, pour la faire ref-fouvenir à jamais de fon crime, & ordonna à Mercure de laconduire aux Enfers, comme étant indigne de voir le jour.Mercure 'lorsqu’il la conduifoit, fut touché de fa beauté, enjouît, & en eut deux enfans nommés Lares. Les Romains facri-fioient à cette Divinité, pour empêcher les Médifans, & joi-gnirent cette fête à celle des Morts, ou à caufe qu’elle imi-toit leur filence par fa langue coupée , ou parce qu’elle étoitmère des Lares, qu’ils tenoient pour les Génies ou pour lesAnges gardiens des hommes pendant leur vie. Ovide décritune plaifante cérémonie qu’on obfervoit à ce fujet, pour em-pêcher la médifance. Une vieille femme entourée de quan-tité de jeunes filles facrilioit à la Déelie Muette, mettant troisgrains d’encens avec trois doigts dans un petit trou, ayantfept fèves noires dans la bouche. Puis elle prenoit la têted’un fimulacre, qu’elle colloit avec de la poix, & la perçoitavec une aiguille d’airain, la jettoit enfuite dans le feu, & lacouvroit de menthe, faifant par defius une effufion de vin,dont elle donnoit à boire à ces filles, fe réfervant la meilleu-re partie pour elle, s’enivroit, & les renvoyoit après celachez elles , leur difant qu’elle avoit attaché les langues desMédiiâns. Mais peut-être aimera-t-on mieux entendre Ovide lui même. Voici comment il s’en explique dans le fécond

MUT. 509

Livre des Faftes, tiers 571. & fuiv.

Ecce anus in mediis rejidens annofa puellis,

Sacra facit Tacita : vix tamen ipfa tacet.

Et digitis tria thura tribus fub limine ponit ,

Quâ brevis occullum mus jibifecit iter.

Tum cantata tenet cum rbombo licia fufco ,

Et J'eptem nigras ver fat in orefabas.

Quodque pice ajlringit , quod acu trajecit abena,

Übfutum mentha torret in igné caput :

Vina quoque inftillat: vini quodcumque reli&um cft,

Aut ipfa , aut comités , plus tamen ipja bibit.

Hofliles linguas , inimicaque vinximus ora ,

Jüicit dijcedens, ebriaque exit anus.

* Antiquitez Romaines.

M U T A F A R A C A S , en Turquie , Officiers du Grand-Seigneur , qui le fuivent toujours , principalement lorsqu’ilfort pour fe promener de village en village. Ce font desSpahis, qui font d’un rang plus relevé que les autres, & quiont de plus grandes récompenfes quand ils fortent du Serrail.Mutafaraca lignifie un Spahis difiingué, de farak , dijlinguer. Lors-que le Grand-Vifir va au Divan, il eft auffi accompagné de plu-fieurs Mutafaracas. * Ricaut, de l'Empire Ottoman.

MU TE R TE, Royaume des Indes dans le Malabar. Uporte le nom de fa capitale,qui efl à cinq lieues de la ville deCochin du côté du fud. Il y avoit depuis un aflez long temsbeaucoup de Chrétiens dans ce Royaume, mais le Roi qui é-toit Payen ne vouloit pas qu’on y bâtît des Eglifes. Ennn en1581, non feulement il en accorda la perinifîïon, mais il con-fentit qu’on prît le bois nécefiaire pour cela, dans une forêtdédiée à fes Pagodes. Il permit, en même tems, à tous fesSujets de faire profeffion du Chriftianifme, avec un plein pou-voir aux Jéfuites de châtier ceux qui après avoir reçu le Ba-tême, ne méneroient pas une vie conforme à la Loi Chrétien-ne. L’Eglife eut le nom de S. André. Il y a des Idolâtrespartout ce Royaume, & la réfidence de Muterte dépend duCollège de Cochin. * Davity, Royaume de Cochin. Th. Cor-neille, Ditt. Géogr.

MUTI (Jean-Marie) Religieux de l’Ordre de S. Domini-que, né à Venife vers le milieu du XVII fiécle, a compofé enItalien un grand nombre d’Ouvrages, Aborti d’ingegno, Veni-fe 1674; Le Ifole fortunate , 1679; La Magdalena penitente, 1680;I Fallimenti di Corte, 1682; La Magia de Caratteri, 1682; LeRotture dcl Genio, 1683; La Sacra Lega, 1688; L'Accademia Sa-cro-Politica , Milan , 1695 ! La Penna volante ridotta in Penna Jeria,Venife 1702; Le Gemme del Vaticano, 1705; L’ozioin tratteni-mcnto, 1705; La Penna politica , 1707 ; Quarefmale primo, 1708;I tre Impegni del divino amore , 1709 ; (fuarefimale fecondo , Pa-doue, 1711; La Peima critica, 1716; Li Ricordi politici à Pren-cipi Chrijliani 1716. * Echard, Script. Ord. FF. Prædk.

tome 2.

MU TI A, femme de Jules-Céfar, qui fut aimée par Clau-dius. * Suétone, in Julio Cœfare , c. 50.

MUTIA (la Loi) qui fut publiée l’an 658 de Rome parQ. Mutius Scévola, pour réduire tous les Habitans des villesd'Italie à obferver les coutumes & les Loix de leur ville. El-le fut caufe de la guerre d’Italie. * Cicéron, l. 3. de Ojpc.& pro Balbo.

MUTIAN (Conrad). Voyez MUTIEN.

MUTIAN (Jérôme). Voyez MUTIANO.

MUTIANO ou MUTIAN (Jérôme) Peintre aflez re-nommé", étoit de Brefle en Italie, & peignit des païfages, quiont été très bien gravez par Corneille Cort. Il avoit étudiéfous le Romanini; & s’attacha dans la fuite à la manière duTitien. Il alla depuis à Rome, où il travailla avec ThadéeZuccharo, & fit grand nombre de portraits, de païfages. &de defieins, d’après les tlatues antiques & les tableaux desmeilleurs Maîtres. Le Pape Grégoire XIII l’employa pourpeindre le faint Paul, premier Hermite, & le faint Antoine,qu’on voit dans l’Eglife de faint Pierre. Le Mutian achevaauffi les defieins des bas-reliefs de la Colomne Trajane, queJules Romain avoit commencez; & c’efl par fon moyen quenous en avons les eflampes, dont Ciaconius a fait l’explica-tion. Il mourut l’an 1590, âgé de 62 ans, & fut enterré dansl’Eglife de fainte Marie Majeure. Ce fut à fa confidérationque le Pape Grégoire XIII fonda l’Académie de faint Luc deRome, par un Bref que le Pape Sixte V confirma. Le Mutianlaiflà deux maifons à cette Académie, & ordonna que fi fesHéritiers mouroient fans enfans , tous fes biens retourne-roient à la même Académie , pour faire bâtir un Hofpice,où pourroient fe retirer les jeunes gens qui viendroient à Ro-me apprendre à peindre , & qui n’auroient pas le moyen defubfiiter.

MUTIANUS, Auteur Eccléfiaftique , au milieu du VIfiécle, étoit ami de Caffiodore, à la prière de qui il traduifit deGrec en Latin les Commentaires de faint Jean Cbryfollomefur les Epîtres de S. Paul aux Romains. * Caffiodore, Le£f.Divin, c. 8.

MUTIANUS. Voyez CRASSUS (M. Licinius.)

M UTIEN,connu fous le nom de Conradus Mutta-nus Rufus, Chanoine de Gotha en Allemagne , & natifd’Hohemburg, dans la Hefle, étudia en fon pais & en Italie,& fe rendit très habile dans la Jurifprudence. Un de fes frè-res étoit Chancelier du Landgrave de Heffe. Il pouvoit lui-même prétendre à des emplois confidérables; mais il fe con-tenta d'un Canonicat à Gotha, où il vivoit tranquillement. Ondit qu’il avoit fait graver ces mots fur la porte de fa maifon,Beata tranquillitas. il entretint commerce de Lettres avec les

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