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M AA. MA B.
la Hollande méridionale, au fud-fud-oueft du précédent, à en-viron une demi-lieue de diftance.
MAASTRICHT. Voyez MASTRICIIT.MAAS-WA AL, mots Flamands qui fervent à défigner cet-te partie de la Gueldre qui eft enfermée entre la Meule & leWahal, jufques au Fort Saint-André où ces deux fleuves fecommuniquent par une efpéce de canal.
M A A T H, ou M A H A T H, fut iils de Mattathie, & pèrede Naggé. 11 eft mis aq nombre des Ancêtres de Jéfus-Chrift,.• Luc, cb. 3. v. 26.
‘ MA ATS (Charles de). Voyez MAETS.
M A B.
M AB AN, bourg de l’Ecofle méridionale, eft de ceux quiavant la réunion des deux Parlemens fous le nom de Par-lement de la Grande Bretagne, avoient féance & voix à celuid’Ecofle. Il eft fitué près d’un Lac, où l’on prend une efpécede poilfon nommé Vendefes, qui étant falé & débité dans lesProvinces, fait un des principaux revenus dupais. * Maty,DUi. Géogr.
MABARTHA, c’étoit une ville du Royaume de Samarie,ainfi appellée par les originaires du pais ; mais que les Etran-gers ont nommée Neapolis, ou la ville neuve. Joféphe en parledans fon Hiftoire de la Guerre des Juifs contre les Romains, l. 4.cb. 26.
MABED BEN KHALED,furnommé Æ-Gioni ,DofteurArabe, Auteur de la Sefte des Cadariens, qui admet le franc-arbitre & la liberté de l'homme dans toutes fes aétions, contrele fentiment le plus commun & le mieux reçu parmi les Muiul-mans, qui foûtiennent la prémotion ou prédétermination phy-fique,qu’ils expliquent en difant que nos aétions fe doivent ab-folument rapporter à Dieu, parce que c’eft lui qui les crée ennous. Mabed tenoit au contraire que les aétions des hommesfe dévoient rapporter aux hommes mêmes, qui en font lesmaîtres, du moins fi celui qui nous fournit cet Article a bienentendu ces divers fentimens-, ce dont on a lieu de douter parla manière dont il s’explique. Ce Dofteur fut pouflé par fesCollègues & déféré à Hégiage Gouverneur de la ville & Provin-ce de Baflbra, qui le lit mourir. * D’Herbelot, Biblioth.Orient.
MABILLON (Dom Jean) Religieux Bénédiftin de laCongrégation de faint Maur, l’un des plus favans hommes duXVII fiécle, étoit né à Saint-Pierre-Mont dans le Diocéfe deReims en Champagne, à deux lieues de Moufon, le 23 No-vembre de l'an 1632. Après avoir appris les Rudimens du La-tin on l’envoya faire fes études à Reims, où il fe diftingua fibien par fon efprit & par fon application à l’étude, qu’on luidonna une place dans le Séminaire de l’Eglife Cathédrale oùl’on éléve de jeunes gens deftinez au fervice du Diocéfe. Yayant demeuré trois ans, il prit l’habit de Religieux le cinquiè-me Septembre 1653, & fit profeflion le fixiéme Septembre del’année fuivante dans l’Abbaye de S. Rcmi de Reims. De grandsmaux de tête aufquels il devint fujet, firent Croire qu’on de-voit, au moins pour un teins, lui faire fufpendre fes études. II- fut envoyé à un Monaltére de Campagne, appellé Nogent fous -Coucy , où il demeura quelque tems, & enfuite à Corbie en1658- Il reçut l’Ordre de Prêttife à Amiens en 1660. Safanté ne fe rétabliflant pas, on l’employa à des emplois ex-térieurs. Il fut fait Dépoftairc & Célérier. Enfuite on l’envo-ya à S. Denys où il fut occupé toute l’année 1663, à montrerle Thréfor & le Tombeau des Rois. Mais ayant par malheurcafté un miroir que l’on croyoit avoir appartenu à Virgile, fesSupérieurs lui acordérent la grâce d’être déchargé d’un emploiqui l’engageoit fouvent, dit le P. Niceron, à dire bien des cho-fes qu’il ne croyoit pas. Quoique d’une fanté jufques là allezinfirme, il ne laifla pas de lire une bonne partie des Pères &des meilleurs Auteurs. En 1664, le P. d’Achcri ayant deman-dé quelque jeune Religieux pour l’aider dans fon Spicilégc, onjetta les yeux fur D. Mabillon, qui vint en 1664 demeurer à Pa-ris & qui le fervit utilement. Il pafla fa vie dans un travailcontinuel, & enrichit l’Eglife & la République des Lettres dequantité d’Ouvrages excellens. Avant 1667, il avoit déjà pu.blié les Sermons de S. Bernard, & une Pièce en profe quar-rée fur la mort de la Reine Anne d’Autriche, intitulée, Gai-li& ad Ilijpaniam Lugubris Nuntius. Il commença à fe faire con-noître au public l’an 1667, par la nouvelle édition des Ouvra-ges de S. Bernard qu’il donna en même tems en deux vol. infolio, & en huit tomes in otfavo, & qu’il fit réimprimer encore en1690, en deux vol. in folio. Il fut bientôt après chargé par laCongrégation de faint Maur de travailler à l’édition des Aftesdes Saints de l’Ordre de faint Benoit. Il en donna le premiervolume dès l’année 1668, & il en donna enfuite huit autres.Ce qu’il y a de plus conlidérable dans cet Ouvrage, n’eft pastant le recueil immenfe d’une infinité de monumens, qui con-tiennent la vie & les aftions des Moines de faint Benoît, quede favantes Préfaces, dans lefquelles le Père Mabillon expofela Doctrine & la Difcipline de chaque fiécle, & des Notes cri-tiques fur différens faits d’Hiftoire. Tout l’Ouvrage eft, com-me on a dit, en neuf volumes, qui vont jufqu’au XI fiécle deEglife. Le Père Mabillon a encore fait quantité d’autres Ou-vrages , dans lefquels fon érudition & fa modeftie paroiflent.L’an 1674, il fit une Diflertation Latine, fur l’iifage du painazyme dans l’Euchariftie, dans laquelle il foutient, contre l’a-vis du Cardinal Bona, que le pain azyme eft le feul, dont onfe foit fervi dans l’Eglife Latine pour célébrer les faints mylté-res. En 1675, relevant d’une grande maladie, il publia lepremier vol. des Anakttcs, c’eft à dire, de petites Pièces dé-tachées, ou des commencemens d’Ouvrages qu’il avoit trou-
MAB.
vez en diverfes Bibliothèques: il en donna enfuite trois autresvolumes, où il y a des chofes plus coniidérables, & d’excel-lentes Diflértations de fa façon. Le voyage qu’il fit en 1683,en Allemagne, & dont il a donné la description, lui a fourniprefque tout ce qui compofe le quatrième volume LeLivrequilui a le plus acquis de réputation, eft fon fuvant Ouvrage dela Diplomatique, imprimé l'an 1681. in fol. On l'attaqua, & lePère Mabillon pour ne fe point détourner de fes autres Etu-des, 1 e contenta d’y joindre, en 1704, un Supplément qui eftaulfi dans la fécondé édition de cet excellent Ouvrage, de l’an1709. Il fit, l’an 1685> un voyage à Rome aux dépens duRoi, où il fut reçu avec une diltinftion particulière; & onl’houora même d’une place dans la Congrégation de l’Index.Après avoir vilité les plus belles Bibliothèques du païs, où ila copié quantité de nouvelles Pièces, qui n’avoient pas enco-re paru, il a donné la Rélation de fou voyage, avec pluîieursde ces Pièces, en deux volumes in quarto, fous le titre de Mu-feum Italicum. A fon retour, il mit dans la Bibliothèque duRoi plus de trois mille volumes de Livres rares, tant impri-mez que manuferits. Avant ce voyage le Père Mabillon avoitpublié une Liturgie Gallicane avec des Diflértations, in quarto.Tous les Ouvrages dont nous venons de parler, font écrits enLatin. Le différent qui fe réveilla l’an 1688, entre les Béné-diftins de la Province de Bourgogne, & les Chanoines Régu-liers de la même Province, fur la féance aux Etats, l’obligead’écrire en François, pour maintenir les droits & les préroga-tives de fon Ordre. Il fit donc pour ce fujet un Faftum, danslequel il a traité la queftion de l’antiquité des Chanoines Ré-guliers & des Moines. Les Chanoines Réguliers y ayant ré-pondu, il leur fit une réplique. Il entra quelque tems aprèsdans une autre conteftation, fur la lignification des mots deMejfe & de Communion, dans le fens de la Régie de faint Be-noît. Il foutient qu’ils doivent s’entendre, comme nous lesentendons à préfent, contre l’avis de ceux qui croyent quefaint Benoît a pris le mot de Communion, pour le pain & le vinque le Lefteur prenoit en ligne de communion avec fes frè-res; & le mot de Mejfe, pour la conclufion de l’Office. 11 en.tra enfuite en lice, l’an 1691, contre M. l’Abbé de la Trap-pe, fur les Etudes Monaftiqucs ; & fit un Livre fur ce fujet, pourmontrer que les Moines peuvent, & même doivent étudier.L’Abbé de la Trappe y répondit, & le Père Mabillon fit unerépliqué intitulée , Réflexions fur la Re'ponfe de M. l’Abbé de laTrappe, au Traité des Etudes Monaftiqucs. Le Traité des EtudesMonaftiques a été traduit en Latin en Allemagne & à Venife.En 1698, il publia une Lettre Latine, fous le nom d'EufébeRomain, à Théophile François, touchant le culte des Saints inconnus.Ce fut le fruit nés vifites qu’il avoit faites dans les Catacombesde Rome. Cet Ouvrage fouleva contre lui pluîieurs perfon-nes, qui crurent qu'il n’avoit pas parlé avec aflez de retenuedes Reliques des Saints inconnus que l’on tire des Catacom-bes; & ce fut pour les contenter qu’il fit une nouvelle éditionde cette Lettre, qui plut beaucoup à la Cour de Rome. Le Pè-re Mabillon a encore mis au jour une Lettre adreffée à M. deBertier Evêque de Blois, où il prétend juftifier la vérité de lafainte Larme de Vendôme, en quoi il n’a pas réulfi, au goûtde beaucoup de gens; une Lettre Françoife touchant l'initiai-tion de l’Abbaye de Remiremont, qu’il prétend avec raifonavoir été dans fon origine, une Abbaye de Moines; des Ob-fervations Latines fur laRéponle à la Diflertation du Père Del-fau , touchant l’Auteur du Livre de l’Imitation de Jéfus-Chrilt ;& une autre Diflertation Latine fur le Monachifme de faintGrégoire, qui eft aufli dans fes Analeftes. On a trouvé enco-re dans fes papiers après fa mort un Itinéraire de Bourgogne;une Diflertation de la Canonifation des Saints; une Relation dequelques évenemens de la Vie du Père Marfolle, Général dela Congrégation de faint Maur; des Obfervations fur le’célé-bré verfet de la première Epître de S. Jean, Très funt qui, &c. ;fon Avis donné à la Congrégation de l’Index fur l’Ouvrage oùIfaac Voflius traite de la Chronologie des Septante; ( ces cinqPièces font en Latin, les fuivantes en François. ) Difcours furles anciennes Sépultures de nos Rois ; Remarques fur les An-tiquitez de Saint-Denys ; Réflexions fur les dots des Religieufes ;Réflexions fur les prifons des Monaftéres ; Réflexions fur l’Or-dre de faint Lazare ; & Avis pour ceux qui travaillent à l’Hiftoi-re des Monaftéres de la Congrégation de faint Maur. Dom Ma-billon a couronné fes travaux par les Annales Bénédiftines,dont il a donné quatre volumes, qui contiennent l’I-Iiftoirede l’Ordre des Bénédiftins, depuis fon commencement jufqu’àl’an 106 6. Il en publia le premier vol. en 1703, & trois au-tres enfuite; le cinquième fut imprimé en 1713, parles foinsde Dom Thierry Ruinait; & une partie du fixiéme eft entreles mains de Dom Vincent Thuillier, qui a entrepris de conti-nuer ce grand travail, & qui a fait imprimer les Oeuvres poft-humes, & les Lettres de Dom Mabillon. Ce favant Pè-re , aimé & chéri de tous les Gens de Lettres, eft mort à Pa-ris , à l’Abbaye de faint Germain des Prés, le 27 Décembrede l’an 1707, âgé de 75 ans. Lorfqu’ii mourut, il étoit prêtde donner une troifiéme édition des Oeuvres de S. Bernard ,& elle a été publiée par les foins de Dom Mafluet & de DomFrançois Tixier. Outre les Ouvrages dont on a déjà parlé, ona encore de lui une Lettre Circulaire, fur la mort de la MèreJacqueline Boette deBlemur, Religieufe Bénédiftine de l'A-doration perpétuelle du Saint Sacrement; une TraduHion de laRégie de S. Benoit; La Mort Chrétienne; plufteurs Hymnes ; grandnombre de Lettres. Sa profonde érudition le lait aflez connoîtrepar fes Ouvrages: elle étoit accompagnée d’humilité, demo-deftie & de douceur, & d’une piété exemplaire. Son ftyle eftmâle, pur, clair & méthodique, fans affectation, fans orne-mens fuperflus, tel qu’il convient aux Ouvrages qu’il a com-
pol'ez.