3 5 Inftru&.pourfaire 1 espreuuesdcNobl.
La premiere. .
Prudence,par laquelle cognoiftrez toutes chofes, ayant mcmoire du paffe, or-
donner au prcfent,&: pourueoir a 1’adueuir.
La feconde.
Iuftice, laquelle confesuc toutes chofes enleurs egalitez, & rend a chacun ccqui luy appartient.
La troifiefme.
Temperance, qui eft auoir moderation en toutes chofes.
La quatriefme.
Force, qui eft vn mefpris des douleurs & trauaux par magnanimite gran-deur de courage.
Defquelles ver tus auez de vous armer &: veftir, les conferuans toufiours aueecet Ordre de Cheualerie.
Le cheualier tire l'ejpee nue du Profez , & luy endonnant trois coupsfurtejpauleluy dit:
le vous fais Cheualier, aunom de Di eu, de la ViergeMane, &: deMonfieurfain£t Iean Baptifte, de Monfieur faind George , vigilant & pacifique enfhon-neur de Cheualerie.
Le Cheualierpuls remet l''efpce m fourreau , regardant le Profcz, en la face , foudai-nement & amiablement luy denne vn petit foufflet, di fani :
Refueillez-vous & ne dormez aux affaires , mais veillez en la foy de Iefus-Chrift, &faites que ce vous foit le dernier affront &: vergongne quauez d’auoirpour la caufe de Iefus-Chnft, ayant lapaix de noftre Seigneur en vous.
Le Cheualierprendra les efpcrons dorez ,, & dira au Profez *:
Voyez-vous ces efperons * iis vous fignifient tout ainfi que le cheual les craint femettant hors du deuoir, ainfi deuez-vous craindre de fortir de vollre rang &: vceu,& ne faire mal, on les vous met ainfi dorez auxpieds pour eftre l’or lcplusrichemetail qui fetrouue &: compare a 1’honneur.
t^yilors ferontpar vn Cheualier mis lefdits efperons aux piedsdu Profez, lequelre-tournera en fonlieu deuantl' Auteltntendrcl'Euangile &lerefie de la <JMeffe.
LA MAN1ERE ET FACON DE DONNERla Croix a vn frere de l’Efo[j?ital de la Religionfaintf Iean de Hierufalem.
E l v y qui pretend prendre la Croix fe doit confelfer, aller a 1’Egli-fe, oiiyrlaMelTe , & receuoir le precieux corps de noftre Seigneur,ainfi qu’il a efte dit cy-deffus: la Mefle ditefe mettre a genouil de-uantfvn des Seigneurs de la Religion, qui eft la expres pour le rece-uoir §£ interroger en la forme qui s’cnfuit.
Le Receuant. Quellechofe demandez-vous ?
Le Profer. Ie demande d’eftre receu & admis en la compagnie des freres dela facree Religion feruans a 1’Hofpital faind Iean de Hierufalam.
Le R. La demande quefaites a efte a plufieurs refufee pour neftre dignes d’e-ftrereceuz en telle compagnie, maisnous confians de voftre prcud’hommie &fuffifance fommes delibercz la vous odroyer, elperant qifauec bon zele & charitevous vous exercerez aux oeuures de mifcricorde,& totalemet au feruice de 1’Hof-pital de cette Religion,non feulement enrichie &: amplifiee de biens, grands pri-uileges, libertez, franchifes & immunitez par le faind Siege Apoftolique, ainsencores par tousles Princes Chreftiens & autres fain&es perfonnes, afin que tousnous autres feruans audit Hofpital foyons enflammez de vraye foy, elperance Sccharite en Iefus-Chnft.
Et tout ainfi quel’on vous baille vncierge ardent enla main,ceia vous doitfignifier que deuez eftre ardent en icelle charite qui eft la vraye perfedio de cettevie, vous afleurant que fi 1’exercez d’vn ardent coeur pour la defcnle de la foy deIefus-Chrift contre les ennemis d’icelle, plus facilement il vous appellera en fon