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1 (1778) La Galerie Electorale De Dusseldorff Ou Catalogue Raisonné Et Figuré De Ses Tableaux : Dans Lequel On Donne Une connoissance exacte de cette fameuse Collection, & de son local, par des descriptions détaillées, & par une suite de 30. Planches, contenant 365. petites Estampes rédigées & gravées d'après ces mêmes Tableaux ... ; Ouvrage Composé Dans Un Gout Nouveau
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TABLEAUX

PATSAGES & SUJETS DIVERS.

N° 337. Planche xxv!

UN MÉDECIN TATANT LE POULS

A UNE JEUNE FEMME MALADE,

•PAR JEAN S T EE N.

Peint fur toile.

Haut de 1, pied 10. pouces ; Large de 1. pied 7. pouces,

Figures entières, d’environ g. pouces de proportion.

Le lieu de la fcène eft une chambre à coucher dans laquelleon a modéré le jour, en fermant à demi les volets & lesrideaux de la fenêtre. On voit dans cette chambre un lit,une table, deux chaifes , un réchaud avec du feu. LaMalade eft coëftêe d’une fimple cornette , & vêtue d’unejupe de latin violet bordée d’une gaze d’or, avec un manteletde velours ponceau garni de fourure blanche en dedans;elle eft aflife fur une chaife, à côté d’une table couverted’un tapis de Turquie, & d’un couffin fur lequel ellepofeun bras, préfentant l’autre au Médecin, qui lui tâte lepouls. Elle regarde attentivement le Médecin , commepour apprendre de lui ce qu’il penfe de fa maladie. Celui-cieft debout devant elle, dans une attitude inclinée & grave,comptant les pulfations du pouls. ' Il eft vêtu d’un pourpointde couleur brune, avec un manteau, un haut de chauffes,des bas noirs, une ffaife au cou & un chapeau pointu fur latête. Derrière la Malade, entre le lit & la table, eft une

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MOBILES. 2s

PA TSA G ES & SUJETS DIVERS.

garde-malade, vêtue comme Une béguine. Elle paroitattentive à l’a&ion du Médecin. Un petit chien épagneul fetient à la porte de la chambre qui eft ouverte, les oreillesaux aguets, parce qu’il entend parler au dehors. C’eft lafervante de la maifon, qui héfite de procurer à l’amant dela Dame , l’entrée de la maifon , mais qui va céder à l’éclatpuiffant de l’or qu’il fait briller à fes yeux. Ce dernierMédecin guérira la Malade plutôt que le premier. Une petiteftatue de l’Amour, placée à l’entrée de la porte, d’où onvoit l’amant en dehors , confirme cette fuppofition très-vraifemblable.

Ce petit Tableau eft charmant pour la penfée & l’exé-cution: il réunit l’expreffion à une belle vérité de nature,& à une grande fineffe de goût. Le fatin, le velours & lafourrure de l’habillement de la Dame, ainfi que le tapis quicouvre la table, font à tromper l’œil. On y lit:

Daer baet geen Medecyn ,

JVant bet is minne pyn. '

Stem.

Cejl-a-dire : Nul Médecin ne peut guérir,

Celui que l’amour fait fouffrîr.